Publié en décembre 2024, cet article fait le point sur les tendances bancaires annoncées pour 2025. Le secteur change sous l’effet de facteurs économiques, technologiques et réglementaires : essor des banques numériques, généralisation du virement instantané en zone euro, lancement de Wero, préparation de l’euro numérique, révision des règles d’open banking, encadrement de l’intelligence artificielle et renforcement de la cybersécurité. Comprendre ces dynamiques aide les particuliers comme les entreprises à anticiper ce qui va changer dans leurs habitudes financières.
- 01 Digitalisation et néobanques
- 02 Virement instantané obligatoire
- 03 Wero, le paiement européen
- 04 Euro numérique
- 05 Open banking et DSP3
- 06 Intelligence artificielle
- 07 Cybersécurité et résilience
- 08 Inclusion bancaire
- 09 Banque éthique
- 10 Taux et épargne
1. La digitalisation des services bancaires et l’essor des néobanques #
La digitalisation des services bancaires reste une tendance incontournable. Les banques investissent dans des solutions technologiques pour améliorer l’expérience utilisateur et répondre aux nouvelles attentes : les clients recherchent des services rapides, simples et accessibles à tout moment, ce qui pousse les établissements à repenser leurs modèles traditionnels.
Les néobanques incarnent ce mouvement. Pensées d’abord pour une utilisation via une application mobile, elles permettent de gérer ses finances depuis son téléphone. Parmi les exemples les plus connus figurent N26, néobanque allemande fondée en 2013 à Berlin, et Revolut, fondée en 2015 à Londres, qui propose des IBAN français depuis septembre 2023. Leur modèle attire une clientèle attentive aux frais et habituée aux usages numériques ; les conditions tarifaires varient toutefois selon les formules et méritent d’être comparées.
À lire IA générative : un atout incontournable pour l’avenir des banques
Les banques traditionnelles modernisent elles aussi leurs infrastructures. Les clients sont de plus en plus enclins à utiliser leur application pour effectuer des opérations, consulter leurs soldes ou demander un prêt. Pour les établissements, l’enjeu est de rester pertinents ; pour les consommateurs, le bénéfice est un accès simplifié à leurs comptes et une plus grande autonomie.
2. Le virement instantané devient la norme en zone euro #
C’est sans doute le changement le plus concret de 2025 pour les particuliers. Le règlement européen sur les paiements instantanés du 13 mars 2024 impose aux prestataires de services de paiement de la zone euro un calendrier en deux temps : pouvoir recevoir des virements instantanés au plus tard le 9 janvier 2025, puis en envoyer au plus tard le 9 octobre 2025.
3. Wero, l’initiative européenne de paiement entre particuliers #
Portée par l’European Payments Initiative (EPI), la solution Wero a été lancée en Allemagne le 2 juillet 2024, en France le 30 septembre 2024 puis en Belgique le 19 novembre 2024. Elle succède à plusieurs solutions nationales de paiement entre particuliers. En France, Paylib est progressivement remplacé par Wero entre juin 2024 et janvier 2025. L’extension aux achats en ligne constitue l’étape suivante du projet, dont l’enjeu est de proposer une alternative européenne aux grands réseaux de paiement internationaux.
4. L’euro numérique : la BCE en phase de préparation #
La Commission européenne a présenté le 28 juin 2023 une proposition législative fixant le cadre d’un éventuel euro numérique. De son côté, la Banque centrale européenne a décidé le 18 octobre 2023 de passer à une phase de préparation de deux ans, lancée en novembre 2023. Fin 2024, aucune émission n’est décidée : l’adoption du règlement par les législateurs européens reste un préalable. Pour les banques, le sujet est stratégique, car leur rôle dans la distribution de cette monnaie de banque centrale numérique reste à préciser.
À lire Comment préparer son avenir financier
5. Open banking : vers DSP3 et un règlement sur les services de paiement #
L’open banking continue de se développer : les clients utilisent davantage de services qui leur permettent de partager, sous leur contrôle, l’accès à leurs données bancaires, au profit de la transparence et de la personnalisation. Le cadre va évoluer : le 28 juin 2023, la Commission européenne a publié ses propositions de troisième directive sur les services de paiement (DSP3) et d’un règlement directement applicable (PSR). Fin 2024, ces textes sont encore en discussion au niveau européen. Les banques doivent donc composer avec un cadre en mouvement tout en répondant à la demande d’une expérience client fluide.
6. L’intelligence artificielle, entre personnalisation et encadrement #
Les banques intègrent l’intelligence artificielle et le machine learning pour mieux comprendre les comportements des clients et personnaliser leurs offres. Les assistants virtuels se généralisent et permettent d’obtenir une réponse à toute heure, sans passer par une agence.
Cette adoption s’accompagne d’un encadrement inédit. Le règlement européen sur l’IA est entré en vigueur le 1er août 2024, avec une application progressive : les interdictions visant les usages à « risque inacceptable » s’appliquent six mois plus tard. Point clé pour le secteur, son annexe III classe parmi les systèmes à haut risque ceux destinés à évaluer la solvabilité des personnes ou à établir leur score de crédit, à l’exception des outils de détection de la fraude financière.
7. Cybersécurité : la résilience numérique devient une obligation #
Avec la multiplication des opérations en ligne, les défis de cybersécurité sont de plus en plus pressants. Les banques doivent investir dans des systèmes de protection robustes pour garantir la sécurité des données de leurs clients, condition de leur confiance dans les services numériques.
À lire Actualité bancaire : ce qu’il faut savoir en 2023
Le règlement européen DORA (Digital Operational Resilience Act, règlement 2022/2554) est entré en application le 17 janvier 2025. Il harmonise pour les établissements financiers de l’Union les exigences en matière de gestion des risques informatiques, de notification des incidents, de tests de résilience et de maîtrise des prestataires technologiques.
8. L’inclusion des non-bancarisés #
L’inclusion des personnes non bancarisées mérite une attention particulière. Les établissements développent des applications mobiles et des services en ligne conçus pour être simples d’utilisation, afin que les personnes peu familières du secteur puissent s’y retrouver. L’éducation financière joue aussi un rôle : mieux comprendre ce qu’est un compte, un crédit ou une épargne aide à faire des choix éclairés, et des actions locales menées avec des associations créent des ponts avec des publics éloignés des services bancaires.
En France, un filet de sécurité existe : le droit au compte. Toute personne domiciliée en France dépourvue de compte de dépôt a droit à l’ouverture d’un tel compte, y compris en cas d’interdiction bancaire. Après un refus, la Banque de France peut désigner un établissement tenu de l’ouvrir, avec des services bancaires de base gratuits (tenue du compte, virements et prélèvements, carte de paiement à autorisation systématique, relevés).
L’impact est à la fois social et économique : l’accès aux services financiers permet de gérer son budget, de mener des projets personnels ou professionnels et contribue à réduire la précarité. Pour les banques, ce public représente aussi l’occasion de concevoir des solutions financières adaptées à des besoins spécifiques.
À lire Conseils pour une gestion des dettes réussie
9. Des services bancaires plus éthiques #
Les services bancaires éthiques gagnent du terrain, en grande partie sous l’impulsion de consommateurs qui souhaitent aligner leurs choix financiers sur leurs valeurs. Deux attentes ressortent : davantage de transparence sur l’usage et le placement de leur argent, et un souci de durabilité et de responsabilité sociale.
En réponse, certaines banques proposent des produits financiers fléchés vers des projets durables, comme les énergies renouvelables ou le logement abordable, tandis que d’autres mettent l’accent sur l’inclusion financière. Plusieurs néobanques mettent également en avant des engagements sociaux ou environnementaux pour séduire une clientèle attentive à l’impact de ses choix. Avant de se fier à un label ou à une promesse « verte », il reste utile de demander à quoi servent concrètement les fonds.
10. Taux et épargne : le contexte de 2025 #
Le contexte monétaire pèse sur les offres bancaires. En 2024, la BCE a abaissé son taux de dépôt à quatre reprises : 3,75 % au 12 juin, 3,50 % au 18 septembre, 3,25 % au 23 octobre et 3,00 % au 18 décembre 2024. Cette détente se répercute progressivement sur la rémunération de l’épargne et sur le coût du crédit.
Dans ce paysage, la bancassurance poursuit son développement et la durabilité pèse de plus en plus dans les choix des consommateurs. Rester informé de ces évolutions permet de prendre des décisions éclairées ; pour les banques, s’y adapter est une condition pour rester compétitives.
À lire crédit suisse et les comptes nazis : des révélations troublantes sur une dissimulation
- Virement instantané : réception obligatoire en zone euro au 9 janvier 2025, émission et vérification du bénéficiaire au 9 octobre 2025, sans surcoût par rapport à un virement classique.
- Paiements européens : Wero remplace progressivement Paylib en France, tandis que l’euro numérique reste en phase de préparation à la BCE.
- Réglementation : DORA s’applique dès le 17 janvier 2025, le règlement sur l’IA encadre le scoring de crédit, DSP3 est encore en discussion.
- Clients : plus de services numériques, un droit au compte qui protège les plus fragiles et une demande croissante de banque responsable.
Questions fréquentes sur les tendances bancaires de 2025 #
Le virement instantané est-il payant en 2025 ?
Qu’est-ce que la vérification du bénéficiaire ?
Wero remplace-t-il Paylib ?
L’euro numérique va-t-il remplacer les espèces ?
Que faire si une banque refuse d’ouvrir un compte ?
Les points :
- 1. La digitalisation des services bancaires et l’essor des néobanques
- 2. Le virement instantané devient la norme en zone euro
- 3. Wero, l’initiative européenne de paiement entre particuliers
- 4. L’euro numérique : la BCE en phase de préparation
- 5. Open banking : vers DSP3 et un règlement sur les services de paiement
- 6. L’intelligence artificielle, entre personnalisation et encadrement
- 7. Cybersécurité : la résilience numérique devient une obligation
- 8. L’inclusion des non-bancarisés
- 9. Des services bancaires plus éthiques
- 10. Taux et épargne : le contexte de 2025
- Questions fréquentes sur les tendances bancaires de 2025